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Dokumentenidentifikation EP1207609 27.06.2002
EP-Veröffentlichungsnummer 1207609
Titel Verfahren zum statistischen Äquilibrieren für Stromwandlermessungen eines Differentialschutzes für eine Sammelschienenanordnung
Anmelder Alstom, Paris, FR
Erfinder Carrillo, Jean-Jacques, 82000 Montauban, FR
Vertreter derzeit kein Vertreter bestellt
Vertragsstaaten AT, BE, CH, CY, DE, DK, ES, FI, FR, GB, GR, IE, IT, LI, LU, MC, NL, PT, SE, TR
Sprache des Dokument FR
EP-Anmeldetag 15.11.2001
EP-Aktenzeichen 014029391
EP-Offenlegungsdatum 22.05.2002
Veröffentlichungstag im Patentblatt 27.06.2002
IPC-Hauptklasse H02H 3/28

Beschreibung[fr]

L'invention concerne un procédé de correction de mesures de transformateurs de courant disposés aux entrées et sorties d'un noeud de courant constitué par une zone et par une phase d'un jeu de barres, destiné à limiter le risque de déclenchement intempestif d'une protection différentielle affectée à un courant de phase de ce jeu de barres. Classiquement, une protection différentielle effectue lors de tests réguliers la somme vectorielle des courants d'une phase pour déterminer l'intensité du courant différentiel Id entre les entrées et sorties de la zone protégée. Le courant différentiel est sensé être nul en l'absence de défaut sur la zone, et est sensé être significatif en cas de court-circuit générant un courant de défaut ou en cas de courant de fuite à la terre sur une barre transportant la phase. La détection de vrais courants de défauts (incluant les courants de fuite) est relativement fiable avec une protection différentielle affectée à une zone comprenant un nombre limité de départs et donc de transformateurs de courants, typiquement de l'ordre d'une dizaine de transformateurs. Par contre, lorsque le jeu de barres comprend un grand nombre NTC de transformateurs de courants dans la zone protégée, une protection différentielle classique n'est pas à l'abri de déclenchements intempestifs résultant de l'absence de compensation statistique des erreurs de gain de chaque transformateur. Il convient de rappeler que la plupart des départs d'un poste sont mixtes et peuvent donc fournir ou consommer de l'énergie. La somme des courants entrant dans une zone est sensée être égale à la somme des courants en sortant pour une phase donnée. Les transformateurs de courant présentent généralement une erreur dg positive ou négative sur leur gain, si bien que le courant mesuré (I)0 est égal à I×(1±dg), I étant le courant vrai. En prenant l'hypothèse d'un cas extrême où tous les transformateurs d'entrée ont en moyenne une erreur de gain positive égale à dg0 et où tous les transformateurs de sortie ont en moyenne une erreur de gain négative égale à -dg0 , et en supposant pour simplifier qu'il y a autant de transformateurs d'entrée que de sortie et que chaque transformateur est parcouru par une même intensité I, on arrive à une situation où on mesure un courant différentiel erroné (Id)0 égal à I×NTC×dg0, ce qui n'est pas acceptable lorsque le jeu de barres comprend un grand nombre NTC de transformateurs. En effet, si dg0 est de l'ordre de 1% et NTC égal à une cinquantaine, on mesure alors un courant différentiel erroné (Id)0 environ égal à la moitié du courant I traversant un transformateur. La protection différentielle ne peut distinguer ce courant erroné d'un vrai courant différentiel causé par un défaut sur le jeu de barre, et se déclenche donc même en l'absence de défaut.

Afin de remédier à ces inconvénients, la demanderesse a développé un procédé d'équilibrage statistique de mesures de transformateurs de courant afin de corriger statistiquement les erreurs des transformateurs affectés à une protection différentielle de jeu de barre. Le caractère statistique de la correction implique que bien que les erreurs soient globalement corrigées, une correction individuelle sur la mesure initiale d'un transformateur peut aboutir à une valeur moins bonne que la mesure initiale, c'est à dire plus éloignée de la valeur vraie. Néanmoins, l'ensemble des corrections équilibre statistiquement l'erreur globale de l'ensemble des transformateurs, ce qui permet d'obtenir une mesure corrigée du courant différentiel pour laquelle ne subsiste qu'un faible pourcentage d'erreur, typiquement de l'ordre du pourcentage d'erreur sur le gain propre à un seul transformateur.

L'invention a donc pour objet un procédé de correction de mesures de transformateurs de courant disposés aux entrées et sorties d'un noeud de courant constitué par une phase d'une zone d'un jeu de barres, destiné à limiter le risque de déclenchement intempestif d'une protection différentielle de courant de phase, ladite protection différentielle effectuant la somme vectorielle des courants pour déterminer l'intensité du courant différentiel Id entre les entrées et sorties de ladite zone lors de tests réguliers, caractérisé en ce qu'il est basé sur une méthode d'équilibrage statistique utilisant les vecteurs courants mesurés (In)0 obtenus chacun à partir d'une mesure de l'intensité In et du déphasage ϕn du vecteur courant réel In fournie lors de chaque test par un transformateur de courant CTn, et en ce qu'il met en oeuvre lors d'au moins un test un algorithme de convergence itérative permettant de déterminer à partir du vecteur courant différentiel erroné (Id)0 formé par la somme Σ(In)0 des vecteurs courants mesurés le vecteur correction εIn à apporter à chaque vecteur courant mesuré (In)0 pour obtenir un vecteur courant corrigé Inc sensiblement égal au vecteur courant réel In. La méthode d'équilibrage statistique permet de corriger statistiquement le vecteur courant différentiel erroné (Id)0 en lui ajoutant la somme des vecteurs correction εIn.

Dans un mode préféré d'application du procédé selon l'invention, à chaque itération k et pour chaque vecteur courant itératif (In)k calculé qui converge vers le vecteur courant réel In depuis l'itération zéro utilisant la mesure des vecteurs courants (In)0, l'algorithme de convergence itérative détermine un vecteur correction partielle (εIn)k à ajouter audit vecteur courant itératif (In)k pour former le vecteur courant (In)k+1 de l'itération suivante k+1, ledit vecteur correction partielle (εIn)k étant colinéaire au vecteur courant différentiel erroné (Id)0, de sens opposé et de norme égale au produit vectoriel normalisé entre chaque vecteur courant itératif (In)k et le vecteur courant différentiel erroné itératif (Id)k pondéré par un coefficient λ affectant la vitesse de convergence de l'algorithme et compris entre zéro et un.

Dans un autre mode d'application du procédé selon l'invention, un nouveau test de l'ensemble des courants de la zone protégée est réalisé au cours d'une série de tests dès lors que deux vecteurs correction (εIn)t1 et (εIn)t2 calculés sur deux tests consécutifs du vecteur courant réel In d'un même transformateur de courant CTn correspondent à deux corrections de gain (dgn)t1 et (dgn)t2 qui présentent entre elles un écart en pourcentage supérieur à une valeur de référence r déterminée, et la méthode d'équilibrage statistique est mise en oeuvre pour un nombre NT de tests statistiquement d'autant plus grand que le nombre NC courants dans la zone protégée est important.

Dans un autre mode d'application du procédé selon l'invention, un vecteur correction partielle (εIn)k obtenu lors d'une itération n'est pas pris en compte si son module est supérieur à un certain pourcentage déterminé du module du vecteur courant différentiel erroné (Id)0, afin de pouvoir distinguer un courant différentiel causé par un défaut sur le jeu de barres du courant différentiel erroné (Id)0.

Dans un autre mode d'application du procédé selon l'invention, les vecteurs correction εIn obtenus pour l'ensemble des vecteurs courant (In)0 mesurés lors d'un test sont exploités pour fournir pour chaque transformateur de courant CTn une matrice de correction instantanée de gain et une matrice de correction instantanée de déphasage à appliquer respectivement sur le gain et le déphasage introduits par le transformateur. Une matrice de correction stabilisée de gain ou de déphasage peut alors être réalisée pour chaque transformateur de courant CTn à la fin d'une série de tests, qui correspond à la convergence des matrices de correction instantanées de ce transformateur de courant obtenues au cours des tests de la série.

Dans un autre mode d'application du procédé selon l'invention, des données tabulées et fonctions des différentes configurations de nombre NC de courants et de nombre NT de tests possibles permettent de fournir une indication de la qualité de convergence en module et en phase de la correction statistique à appliquer au vecteur courant différentiel mesuré, ladite correction statistique étant calculée suite à un nombre NT déterminé de tests et convergeant vers la correction statistique optimale qui est obtenue suite à un nombre NT de tests d'autant plus grand que le nombre NC de courants est important.

L'invention, ses caractéristiques et ses avantages sont précisés dans la description qui suit en rapport avec les figures ci dessous.

La Figure 1 représente schématiquement une zone d'un jeu de barres triphasé constituant pour chaque phase un noeud de courant.

La Figure la illustre pour une phase donnée l'application de la loi des noeuds sur la zone de la figure 1.

La figure 2 représente schématiquement une application du procédé d'équilibrage statistique aux mesures fournies par des transformateurs de courant.

La Figure 3 illustre pour une phase donnée la relation vectorielle de la loi des noeuds pour les mesures fournies par des transformateurs de courant parfaits.

La Figure 4 illustre pour une phase donnée le principe de correction de mesures de vecteurs courants par convergence itérative.

La figure 5 est un graphe représente des calculs par simulation de la qualité de convergence de la correction statistique à appliquer au module du vecteur courant différentiel mesuré.

En Figure 1 est représentée schématiquement une zone d'un jeu de barres triphasé (R,S,T) comportant des départs pouvant fournir ou consommer de l'énergie. Chaque départ est équipé d'au moins un transformateur de courant (CT) par phase, de sorte que chaque courant rentrant ou sortant du noeud constitué par une phase de la zone peut être mesuré. Dans l'exemple de la figure, le jeu de barres comprend un nombre total z de départs dont un nombre m de départs rentrants. Pour une phase donnée, par exemple la phase R, chaque courant In mesuré sur un départ est entaché d'un certain déphasage (ϕn) propre au transformateur de courant et résultant notamment des caractéristiques du secondaire du transformateur et des appareillages qui peuvent y être connectés.

La Figure la illustre pour une phase donnée l'application de la loi des noeuds aux courants rentrant et sortant d'un jeu de barres, en l'absence de défaut. En valeur normalisée, le courant I transitant par le jeu de barres est égal à la somme des courants rentrants ainsi qu'à la somme des courants sortants, d'où la relation suivante: I1 +...+ Im - (In + ... + Iz ) = 0.

La figure 2 représente schématiquement une application du procédé d'équilibrage statistique aux mesures I1, I2, Im, In des vecteurs courants d'une même phase d'une zone d'un jeu de barres. La mesure de chaque vecteur courant réel alternatif In par un transformateur de courant CTn consiste d'abord à extraire le déphasage ϕn et le module In du vecteur. La mesure du module en courant alternatif est généralement entachée d'une petite composante continue ou offset δ. Une unité d'amplification A filtre cette composante continue pour amplifier uniquement le courant alternatif. Toutefois, l'amplificateur d'un transformateur de courant CTn n'est généralement pas parfait, et présente une erreur algébrique dgn positive ou négative sur leur gain. L'erreur algébrique sur le courant mesuré (In)0 est alors égale au courant vrai In multiplié par l'erreur algébrique sur le gain dgn . En outre, l'amplificateur introduit aussi une erreur de déphasage dϕn consistant en un temps τ d'avance ou de retard sur le déphasage en entrée. Ainsi, les valeurs de sortie (In)0 et (ϕn)0 présentent chacune un écart plus ou moins important avec les valeurs vraies en entrée. Pour une même phase de courant, les valeurs erronées (In)0 et (ϕn)0 de chaque transformateur de courant CTn sont récupérées par une ou plusieurs unités d'acquisition et de traitement FU, comportant chacune un module SB chargé de la mise en oeuvre du procédé de correction des mesures par équilibrage statistique selon l'invention. Le procédé détermine pour chaque vecteur courant mesuré (In)0 le vecteur correction εIn à lui ajouter pour obtenir un vecteur courant corrigé Inc sensiblement égal au vecteur courant réel In. Il est à noter que le vecteur courant corrigé Inc est statistiquement beaucoup plus proche de In que ne l'est le vecteur courant mesuré (In)0, mais qu'il n'est pas impossible d'avoir la comparaison inverse pour quelques transformateur de courants parmi l'ensemble.

En Figure 3 est illustrée pour une phase donnée la relation vectorielle de la loi des noeuds pour les mesures fournies par des transformateurs de courant parfaits. De par le déphasage (ϕn) affectant chaque courant In mesuré, on a la somme vectorielle ΣIn des courants égale au vecteur nul.

En Figure 4 est illustré pour une phase donnée le principe de correction de mesures de vecteurs courants (In)0 par convergence itérative suite à un test de mesures, dans un mode d'application préféré du procédé selon l'invention dans lequel l'algorithme de convergence effectue des corrections itératives à base de produits vectoriels. Dans un souci de simplification de la représentation, la figure illustre un exemple où seuls trois courants I1, I2 et I3 transitent par une même phase d'une zone de jeu de barres, mais il faut comprendre que le procédé présente surtout un intérêt lorsque le nombre de courants approche ou dépasse une dizaine. Le courant différentiel erroné (Id)0 est obtenu en sommant les vecteurs courant mesurés (I1)0, (I2)0 et (I3)0. Sur la figure, on a représenté des vecteurs courant mesurés exagérément différents en module de façon que leur somme aboutisse à un vecteur (Id)0 assez grand. En réalité, ce n'est qu'à partir d'un nombre de courants plus grand qu'on risque d'avoir un courant différentiel erroné aussi fort lors d'un test de mesures.

Le principe de correction de mesures consiste à la base à déterminer pour chaque vecteur courant mesuré (In)0 le vecteur correction εIn à apporter pour obtenir un vecteur courant corrigé Inc aussi proche que possible du vecteur courant réel In. Les vecteur courant réel In ne sont bien sûr pas connus, mais on sait qu'en l'absence de défaut leur somme doit être nulle. On a donc les relations suivantes: Σ(In)0 = (Id)0 | Inc = (In)0 + εIn   | d'où ΣInc = (Id)0 + ΣεIn Comme ΣInc ≅ 0 = ΣIn, on a donc ΣεIn + (Id)0 = 0 On choisit d'orienter chaque vecteur correction εIn de façon colinéaire au vecteur courant différentiel erroné (Id)0 , et en sens opposé pour vérifier la relation vectorielle précédente. On a alors en norme la relation ΣεIn = (Id)0 . Il reste à déterminer en norme chaque correction εIn. L'algorithme développé consiste en une suite de vecteurs correction partielle (εIn)k dont la somme Σk(εIn)k converge vers la correction εIn. Si la convergence s'effectue sans oscillation, ce qui est le cas dans l'exemple illustré à la figure 4, la relation est aussi valable en norme et peut s'écrire: Σk(εIn)k → εIn. Chaque vecteur correction partielle (εIn)k est égal au produit vectoriel normalisé entre chaque vecteur courant itératif (In)k et le vecteur courant différentiel erroné itératif (Id)k pondéré par un coefficient λ affectant la vitesse de convergence de l'algorithme et compris entre zéro et un. La relation mathématique s'écrit: (εIn)k = |λ. (In)k Λ (Id)k|, le calcul commençant à l'itération k = 0.

Il existe lors de chaque test de mesures une valeur de coefficient idéal λc qui permettrait de converger en une seule fois vers la correction εIn, et donc telle que: εIn = |λc.(In)0 Λ (Id)0|=λc × (In)0 × (Id)0 × sin [(In)0, (Id)0] On peut remarquer que la correction εIn est proportionnelle au module du vecteur courant mesuré (In)0 auquel elle s'applique. Ce résultat est logique puisque l'erreur exacte sur le courant mesuré (In)0 est égale à In × dg n, soit quasiment (In)0 × dg n. De même, on peut vérifier que la correction εIn est bien proportionnelle au module du vecteur courant différentiel erroné (Id)0.

La valeur de λc étant indéterminée, il est donc nécessaire de procéder par itération pour aboutir à la convergence, avec un coefficient λ arbitraire. La convergence est d'autant plus rapide que le coefficient λ se trouve proche du coefficient idéal λc.

En passant d'une itération k à une itération k+1, le calcul d'un vecteur courant itératif (In)k+1 et d'un vecteur courant différentiel erroné itératif (Id)k+1 s'effectue de la façon suivante: (In)k+1 = (In)k + (εIn)k et (Id)k+1= Σn (In)k+1 = (Id)k + Σn (εIn)k Ainsi, entre deux itérations k et k+1, le vecteur courant différentiel erroné itératif (Id)k diminue en norme d'une valeur égale à Σn (εIn)k. Suivant le coefficient λ choisi, la norme du vecteur (Id)k ainsi que celle de chaque vecteur (εIn)k vont converger plus ou moins vite vers 0 à chaque nouvelle itération k.

L'algorithme de convergence est ainsi appliqué à chaque vecteur courant mesuré (In)0 lors d'un test pour obtenir l'ensemble des vecteurs corrections εIn à appliquer à l'ensemble des mesures effectuées par les transformateurs de courant CTn.

Pendant un test de mesures, il faut pouvoir distinguer un courant différentiel causé par un défaut sur le jeu de barres du courant différentiel erroné (Id)0 mesuré. En effet, il ne faut pas qu'une mesure d'un courant différentiel soit interprétée comme résultant des erreurs de gains des CTn si cette mesure résulte d'un vrai courant de défaut existant lors de la mesure. Une façon d'écarter autant que possible de la correction une telle éventualité consiste à prévoir qu'un vecteur correction partielle (εIn)k obtenu lors d'une itération ne soit pas pris en compte si son module est supérieur à un certain pourcentage déterminé du module du vecteur courant différentiel erroné (Id)0. Dans l'exemple de la figure 4, le vecteur correction partielle (εI1)1, permettant de passer du vecteur courant mesuré (I1)0 au vecteur courant itératif (I1)1, représente en norme presque 20% du module du vecteur courant différentiel erroné (Id)0. Dans cette illustration, les erreurs de gain sont exagérées car un tel pourcentage supérieur à 10% signifie en réalité qu'on a affaire à un vrai courant de défaut. Le seuil de discrimination est généralement choisi entre 1% et 10% du module du vecteur courant différentiel erroné (Id)0.

Pour chaque test, les vecteurs corrections εIn peuvent être exploités pour fournir pour chaque transformateur de courant (CTn) une matrice de correction instantanée de gain et une matrice de correction instantanée de déphasage à appliquer respectivement sur le gain et le déphasage introduits par le transformateur. Le qualificatif instantané attribué à la correction est employé dans le sens d'une période de temps relativement courte par rapport à la durée entre deux tests consécutifs. Il faut comprendre qu'un test de mesure de vecteurs courant (In)0 fournit généralement des mesures qui sont chacune déjà moyennées sur une courte période, par exemple de l'ordre d'une dizaine de secondes. La durée moyenne entre deux tests est quant à elle généralement bien plus importante, afin de tenir compte des changements statistiques pouvant intervenir sur l'ensemble des courants au cours du temps. Plus le nombre de courants est important, plus le risque est important de voir la configuration des courants modifiée et plus il est nécessaire de faire une série d'un grand nombre de tests pour refléter une configuration de courant stable. Afin de ne pas arrêter une série de tests alors qu'un courant ne serait pas stabilisé, un nouveau test de l'ensemble des courants de la zone protégée est réalisé dès lors que pour au moins un transformateur de courant CTn deux vecteurs correction (εIn)t1 et (εIn)t2 calculés sur deux tests consécutifs correspondent à deux corrections de gain (dgn)t1 et (dgn)t2 qui présentent entre elles un écart en pourcentage supérieur en valeur absolue à une valeur de référence r déterminée. Par exemple, si on mesure pour un CTn lors d'un test à un instant t1 une correction de gain (dgn)t1 égale à 1%, et une correction de gain (dgn)t2 égale à 0,8% à un instant t2 correspondant au test suivant, l'écart en pourcentage est dans ce cas égal à 20%, ce qui conduit à réaliser un nouveau test si la valeur de référence r est fixée inférieure à 20%. Une série de tests peut ainsi durer jusqu'à ce qu'il ne reste aucun transformateur de courant pour lequel ledit écart en pourcentage dépasse la valeur de référence fixée, c'est à dire jusqu'à ce qu'on n'observe plus de variation significative d'intensité des courants.

A la fin d'une série d'un nombre NT de tests suffisant pour observer des courants stabilisés, une matrice de correction stabilisée de gain ou de déphasage peut être réalisée pour chaque transformateur de courant CTn, et correspond à la convergence des matrices de correction de ce transformateur de courant obtenues au cours de chaque test de la série, afin que lesdites matrices de correction stabilisée reflètent une configuration de courant stable.

Les caractéristiques des transformateurs de courant équipant une protection différentielle de jeu de barres ne sont généralement pas parfaitement stable sur une longue période de l'ordre d'un semestre ou d'une année. Tout d'abord, un CTn peut devenir défaillant et devoir être remplacé, ce qui implique un changement d'erreur sur le gain du nouveau transformateur. D'autre part, le gain d'un CTn varie généralement avec le vieillissement ou les conditions climatiques. Il est donc nécessaire de refaire régulièrement des séries de tests au cours d'une année afin de recalculer les matrices de correction stabilisée de gain ou de déphasage correspondant aux changements intervenus dans les caractéristiques des transformateurs.

La figure 5 est un graphe qui représente des calculs par simulation de la qualité de convergence de la correction statistique à appliquer au module du vecteur courant différentiel mesuré pour une configuration de protection différentielle mesurant un nombre de courants NC. La grandeur εIr représente le pourcentage d'erreur relative entré la ladite correction statistique calculée suite à un nombre NT déterminé de tests et la correction statistique optimale correspondant à une série d'un nombre de tests suffisamment grand pour qu'on n'observe plus de variation significative d'intensité des courants à la fin de la série. Une correction statistique présente qualité de convergence d'autant meilleure qu'elle correspond à un εIr faible. On voit par exemple que pour un nombre de courants égal à six ou sept, il faut réalise de dix à vingt tests pour que le pourcentage d'erreur relative εIr reste limité à 10%. On peut donc dire qu'une correction statistique calculée sur dix à vingt tests présente une bonne qualité de convergence vers la correction statistique optimale correspondant à un grand nombre de tests et pour laquelle par définition εIr est voisin de zéro. On peut vérifier que plus le nombre de courants est important, plus il faut effectuer de tests pour que la correction statistique après NT tests soit proche de la correction statistique optimale. Un graphe du même type peut être calculé pour représenter la qualité de convergence εϕr de la correction statistique à appliquer à la phase du vecteur courant différentiel mesuré. Les données de ces graphes peuvent être tabulées pour permettre de connaître les erreurs relatives qui subsistent sur les corrections statistiques en module et en phase, dans le cas où une série de test doit être limitée à un nombre NT trop faible pour obtenir une correction statistique optimale.


Anspruch[fr]
  1. Procédé de correction de mesures de transformateurs de courant disposés aux entrées et sorties d'un noeud de courant constitué par une phase d'une zone d'un jeu de barres, destiné à limiter le risque de déclenchement intempestif d'une protection différentielle de courant de phase, ladite protection différentielle effectuant la somme vectorielle des courants pour déterminer l'intensité du courant différentiel (Id) entre les entrées et sorties de ladite zone lors de tests réguliers, caractérisé en ce qu'il est basé sur une méthode d'équilibrage statistique utilisant les vecteurs courants mesurés ((In)0) obtenus chacun à partir d'une mesure de l'intensité (In) et du déphasage (ϕn) du vecteur courant réel (In) fournie lors de chaque test par un transformateur de courant (CTn), et en ce qu'il met en oeuvre lors d'au moins un test un algorithme de convergence itérative permettant de déterminer à partir du vecteur courant différentiel erroné ((Id)0) formé par la somme (Σ(In)0) des vecteurs courants mesurés le vecteur correction (εIn) à apporter à chaque vecteur courant mesuré ((In)0) pour obtenir un vecteur courant corrigé (Inc) sensiblement égal au vecteur courant réel (In), afin de corriger statistiquement ledit vecteur courant différentiel erroné ((Id)0).
  2. Procédé de correction de mesures selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'à chaque itération (k) et pour chaque vecteur courant itératif ((In)k) calculé qui converge vers le vecteur courant réel (In) depuis l'itération zéro utilisant la mesure des vecteurs courants ((In)0), l'algorithme de convergence itérative détermine un vecteur correction partielle ((εIn)k) à ajouter audit vecteur courant itératif ((In)k) pour former le vecteur courant ((In)k+1) de l'itération suivante (k+1), ledit vecteur correction partielle ((εIn)k) étant colinéaire au vecteur courant différentiel erroné ((Id)0), de sens opposé et de norme égale au produit vectoriel normalisé entre chaque vecteur courant itératif ((In)k) et le vecteur courant différentiel erroné itératif ((Id)k) pondéré par un coefficient λ affectant la vitesse de convergence de l'algorithme et compris entre zéro et un.
  3. Procédé de correction de mesures selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'un nouveau test de l'ensemble des courants de la zone protégée est réalisé au cours d'une série de tests dès lors que deux vecteurs correction ((εIn)t1, (εIn)t2) calculés sur deux tests consécutifs du vecteur courant réel (In) d'un même transformateur de courant (CTn) correspondent à deux corrections de gain ((dgn)t1 , (dgn)t2) qui présentent entre elles un écart en pourcentage supérieur à une valeur de référence (r) déterminée, et en ce que la méthode d'équilibrage statistique est mise en oeuvre pour un nombre (NT) de tests statistiquement d'autant plus grand que le nombre (NC) de courants dans la zone protégée est important.
  4. Procédé de correction de mesures selon la revendication 3, caractérisé en ce que la valeur de référence (r) est fixée inférieure à 20%.
  5. Procédé de correction de mesures selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'un vecteur correction partielle ((εIn)k) obtenu lors d'une itération n'est pas pris en compte si son module est supérieur à un certain pourcentage déterminé du module du vecteur courant différentiel erroné ((Id)0), afin de pouvoir distinguer un courant différentiel causé par un défaut sur le jeu de barres du courant différentiel erroné ((Id)0).
  6. Procédé de correction de mesures selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les vecteurs correction (εIn) obtenus pour l'ensemble des vecteurs courant ((In)0) mesurés lors d'un test sont exploités pour fournir pour chaque transformateur de courant (CTn) une matrice de correction instantanée de gain et une matrice de correction instantanée de déphasage à appliquer respectivement sur le gain et le déphasage introduits par le transformateur.
  7. Procédé de correction de mesures selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'une matrice de correction stabilisée de gain ou de déphasage est réalisée pour chaque transformateur de courant (CTn) à la fin d'une série de tests et correspond à la convergence des matrices de correction de ce transformateur de courant obtenues au cours des tests de la série, afin que lesdites matrices de correction stabilisée reflètent une configuration de courant stable.
  8. Procédé de correction de mesures selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que des données tabulées et fonctions des différentes configurations de nombre (NC) de courants et de nombre (NT) de tests possibles permettent de fournir une indication (εIr,εϕr) de la qualité de convergence en module et en phase de la correction statistique à appliquer au vecteur courant différentiel mesuré, ladite correction statistique étant calculée suite à un nombre (NT) déterminé de tests et convergeant vers la correction statistique optimale.






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